Cannondale Enduro Tour #1 | 22 avril 2018 | Raon l’Etape (88)

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Raon, l’épreuve d’enduro des âges farouches

Seul rescapé de la tribu de ceux qui roulent debout à avoir pu m’inscrire sur la 1ère manche du Cannondale Enduro Tour, c’est avec ma b*te et mon coutelas d’ivoire que je pars pour des contrées inconnues.

J’opte pour la désormais mythique grotte de voyage roulante, qui fera fureur quelques millions d’années plus tard avec l’avènement des congés payés et, surtout, l’invention de la roue, c’est plus pratique. Mais nous n’y sommes pas encore et il y a de la pierre à polir et du mammouth à faire rôtir avant d’en arriver là.

Arrivé la veille de la course et les recos étant interdites en VTT, je m’élance pour une petite marche de 2 heures histoire de prendre quelques informations sur le type de terrain de jeu. Je trouve l’entrée de la spéciale 2. Pendant qu’une dizaine de pilotes est en train de limer la piste, je descends en mode espadrille… Le terrain est sablonneux avec des appuis poussiéreux très fuyants, quelques passages plongent droit dans la pente avec des ornières dont il ne faut pas s’écarter sous peine de se retrouver avec une adhérence précaire, de longs pédalages, un coup de cul bien abrupte avec des rochers mal placés.

Retour au campement, trempage de pieds dans le ruisseau, repas et extinction des torches. ZZZZZZZZZZZZzzzzzzzzzzzzzzzzzz…

8 heures : il est temps de se lever, le vent et le soleil jouent avec ma chevelure blonde (oui, coloration Jaques Dessanges, blond californien n°12 reflets intenses), mon collier de dents de tigre se balance sur mon torse imberbe, tout ça vêtu d’une simple peau de bête… C’est donc les c**illes préhistoriques à l’air que je m’avance vers la hutte d’inscription.

Crâo m’accueille à bras ouvert, un collier de dents humaines parfaitement blanches ornant son torse puissant et velu, qui tranche avec la dentition clairsemée aux couleurs chamarrées (nuancier de jaune à marron) qu’il m’offre en signe de bienvenue. Comme on ne sait pas comment se dire «bonjour» dans nos langues préhistoriques respectives et que Google Traduction n’a pas encore été inventé, on opte pour l’échange amicale de grands coups de gourdins en travers de la tronche. Les civilités et familiarités terminées on me donne un kit de premier secours pour panser mes blessures, ma plaque, mon transpondeur à fixer au poignée gauche et un bidule électronique pour suivre ma lente descente aux enfers sur une application pour smartphone. « Merfi, amuvez vous bien » me lance mon aimable interlocuteur… Mais nom d’un mégathérium, on parle le même dialecte ! On aurait pu s’éviter ces innombrables coups de gourdins chaleureux !

Au programme de cette première étape du Cannondale Enduro Tour : Monter le colline, descendre la colline, et ceci cinq fois de suite. Une idée farfelue voir complètement saugrenue me diront les plus virulents. Le plateau des pilotes est relevé : On trouve en vrac du Théo Galy, du Théotim et Eliott Trabac, du Eliott Baud, du Ludovic Oget, du Thomas Lapeyrie, du François Bailly Maitre, du Nicolas Lau, de la Mélanie Pugin, de la Morgane Jonnier, sans compter une horde de frontaliers au dialecte imbitable plus énervés les uns que les autres.

La première spéciale est à mon goût particulièrement ratée : c’est tout plat, il faut pédaler comme une brute et le balisage n’est pas au top. Je me retrouve deux fois le nez dans la rubalise à chercher mon chemin. La mise en jambe n’est pas terrible. Je remonte tranquillement.

Spéciale 2, c’est celle que j’ai repéré à pied : Démarrage à plat, puis de la pente. De la grosse pente. De la très grosse pente ! Un sol fuyant. Très fuyant. Très très fuyant ! Puis un long pédalage, un pilote me rattrape, il chute 20 mètres plus loin, je le repasse, il klaxonne derrière moi quelques secondes plus tard, je me range sur le coté, mais au moment de repartir, je me rends compte que je suis au pied du coup de cul sur le mauvais rapport : Impossible de monter, je pousse sur 40 mètres… Enorme perte de temps. Je rattrape à nouveau le pilote qui s’est couché en plein milieu du passage dans un virage un peu plus bas, je lui laisse le temps de se relever et repart tranquillement dans sa roue jusqu’à la ligne d’arrivée.

Il commence à faire chaud, je fait une partie de la liaison sur le VTT mais je suis en surchauffe et pose pied à terre. Ce n’est pas faute de boire, un Camelback d’un litre cinq par remontée…

Spéciale 3 : Ca commence à être plus intéressant, plus de pente, plus de vitesse, plus de fluidité, quelques rochers entre lesquels il faut se faufiler. Les pédales frottent un peu, la place pour le cintre est millimétrée. Gros mal de jambe à l’arrivée.

Lors de la liaison je me chope deux crampes. Une crampe jambe droite arrière de la cuisse, l’autre coté gauche devant de la cuisse. Je m’étale sur le bas coté, n’ayant aucune idée de comment faire passer la crampe de gauche, je m’arrose copieusement, je masse, je prend des positions yogi telles « le nénuphar essoufflé », « le lotus calciné » , et ça finit par passer. Je me voyais déjà contraint d’abandonner (mauvais souvenir de Belfort).

Je repars tranquillement en poussant. Spéciale 4 : dans le même genre que la spé3, presque parallèle.

J’évite de me mettre en appui sur les pédales pour ne pas réveiller les crampes, j’arrive à rattraper un pilote. Je franchis la ligne cramoisi, aussi dégoulinant qu’un plateau de pâtisseries marocaines.

C’est donc sous mon meilleur jour, haletant et suintant que je tape un petit brin de discute avec la famille Baud et Monsieur Oget, qui attendent leur progéniture bien à l’ombre de l’arrivée de la spéciale.

Pas trop le temps de souffler, je prend rapidement la direction de la liaison 5. Comme 1200 mètres de dénivelé positif ça faisait petit joueur, et faute de coutelas d’ivoire pour nous indiquer la direction à suivre, on décide de se perdre et de rajouter 200 mètres de positif. Merci le fléchage un peu light !

C’est rincé que j’arrive sur le départ de la 5, les pilotes du top 10 sont sur mes talons, je passe la spéciale à regarder derrière pour ne pas gêner. Je me laisse descendre et subis le terrain. Un pilote, puis un deuxième, me passent dans les derniers mètres. On arrive sur un terrain aménagé : Petite double, passerelle avec saut. Ne sachant pas comment ça passe et vu mon état de fraîcheur, j’y vais en mode sécurité..

Ca y est, c’est la fin… Direction le centre-ville pour rendre le transpondeur et le bidule, en échange desquels on me donne une facturette avec mes temps et le classement provisoire…

La facture est salée, loin, loin dans les tréfonds du classement. J’ai vraiment du mal avec les courses qui se déroulent sous un soleil de plomb… Le temps d’engloutir l’entrée, le pâté à la viande, le fromage la tarte et la demi-banane du plateau repas et de plier bagages qu’il est déjà 17 heures.

On se retrouve pour les prochains épisodes, car ils temps pour moi de rejoindre les miens et la tribu de ceux qui marchent courbaturés.

Résultat : 276ème scratch – 25ème Master 40

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