Cannondale Enduro Tour # 4 | 7 octobre 2018 | Bussang – Saint Maurice (88)

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Pour cette 4ème et dernière épreuve du Cannondale Enduro Tour, les organisateurs annoncent une manche copieuse : un départ du col du Ballon d’Alsace, 40 kilomètres, 4 spéciales, 1700 mètres de dénivelé positif et plus de 2300 mètres à dévaler.

Alex et David sont de la partie, chargement de la 307 d’Alex, Vu la météo annoncée nous avons préféré faire l’impasse sur l’option camping et prenons la direction de Belfort pour l’hôtel. Nous sommes à 30 minutes du col du Ballon d’Alsace.

C’est sous un grand soleil que nous arrivons samedi après-midi, le temps pour nous de faire un petit tour rapide aux pieds des remparts, de jouer à trouve le Lion avec Alex « le lion ? Ou ça ? Mais si là ! Vois pas… ah oui ! » de déguster une bonne mousse accompagnée de l’indispensable saucisson (celui-ci était artisanal et venait d’Ardèche) dans le cadre authentique de la plus vieille épicerie de France (1825 ! classée au monument historique siouplait), suivi d’un repas diététique à base de montbéliarde et d’une petite glace pour faire glisser tout ça et nous voilà de retour à l’hôtel première classe ( classé x aux monuments historiques : voir la biographie de Dom « ma vie, mon œuvre, mon anatomie »).

La faible épaisseur des murs laissant la primeur auditive du moindre sommier qui grince, cette nuit fut un concerto digne d’une réunion annuel des adorateurs du dieu Dunlopilo… Bref, sommeil fractionné.

Levé à 6h15. Grâce au réchaud de David, nous improvisons un petit déj’ en terrasse (enfin devant la porte de la chambre mais ça faisait moins classe !). Petite routine pour tout organiser dans la voiture et nous commençons l’ascension vers le col du Ballon d’Alsace. Le temps est couvert mais aucune trace de pluie au sol, les reliefs baignent dans la brume. L’idée est de récupérer au plus vite les plaques et transpondeurs pour prendre le départ dans les premiers, histoire d’éviter l’attente aux départs des spéciales et finir relativement tôt.

Dés 8h30 nous sommes au départ sous l’arche gonflable pour la première liaison qui doit bien faire 300 mètres. Il nous ont pris pour Benjamin ou quoi ??!!! (oui je sais c’est gratuit mais on t’aime bien Benj). C’est donc complètement à froid que l’on s’élance pour la spéciale la plus longue. Quatre kilomètres que les top pilotes dévaleront en 8 minutes 30 (on mettra quasi deux minutes de plus… quand on aime on ne compte pas !).

Alex ouvre le bal, j’enchaîne quelques secondes après, suivi de David. Le départ demande un bon coup de pédale. Très rapidement un épais brouillard vient jouer les trouble fêtes et c’est un peu à tâtons qu’on s’engage et qu’on cherche la bonne direction. Le grip n’est pas terrible et il faut se méfier dans les successions de virages dans la pente. Sur quelques passages bien pentus, mon pneu vient se rappeler au bon souvenir de mon short, les joies du passage du 26 pouces au 29 pouces ! Alex, prévoyant, a décidé de cumuler son quota de chutes pour la journée, il en enchaîne quatre sur cette spéciale et explose son compteur (au sens propre). C’est logiquement que je le retrouve dans ma ligne de mire à mi-parcours.

Comme j’ai eu la bonne idée de mettre des lunettes de protection et que les vitesses en sous bois ne sont pas supersoniques, j’ai droit à un très joli flou artistique jusqu’à la ligne d’arrivée que je franchis en mode Gilbert Montagné avec les cuisses un peu douloureuses. David arrive juste après moi. La mise en jambe a été rude et on s’élance sans tarder sur la première vraie liaison, celle qui pique, avec des morceaux de souffrance dedans. Nous accédons au départ de la spé2 par de larges chemins forestiers, c’est assez monotone et ça grimpe fort.

Le temps de souffler 2 minutes et nous repartons à l’assaut de la pente vosgienne. Une spéciale que Jérôme Clementz, présent au départ, nous annonce comme la plus belle du circuit Cannondale Enduro Tour. Le tracé fraîchement sorti de terre, serpente dans une terre souple avec de beaux appuis, de hauts relevés, un pur bonheur… tout le monde affiche un sourire béat à l’arrivée ! Nous rejoignons le ravito à vive allure via une piste cyclable et manquons de nous faire couper en deux par un C15 lors d’une traversée de route (je crois avoir vu un maillot MCF mais je ne suis pas certain). Le ravito est gargantuesque et là on commence à se dire que le VTTAE, c’est le bon plan ! Tu t’économises dans les liaisons et donc tu te fais plaisir sur les spéciales mais en plus, pendant que tu recharges ta batterie tu peux te lâcher sur les ravitos : sandwich, pâtes de fruits maison, crêpes au Nutella, sucre, jambon… Et ensuite, après avoir desserré ton short Fox de 10 crans, tu peux déposer tranquillement les mecs qui pédalent dans un petit bruit de lampe à dynamo que tu recharges manuellement. Comme nous sommes encore jeunes et fougueux (enfin surtout Alex) et n’avons pas encore de vélo électrique, on est obligé de freiner nos pulsions car il reste deux liaisons bien costaudes.

Je commence à vraiment tirer la langue dans les montées et je laisse partir les deux fusées, on se retrouvera au départ. La spé3 permet de vraiment voir si tes suspensions sont bien réglées, en mode marteau piqueur, les avant-bras et les mains sont sollicitées comme jamais. Une bonne odeur de plaquettes chaudes à l’arrivée, les mains tétanisées, un bonheur !

Le temps de comparer la couleur de nos disques, “le tien tire plus sur le noir”, “oh, le joli reflet bleuté”… et nous repartons pour la dernière liaison. Longue agonie, je pousse, je pédale, je pousse, je pousse, je pédale en zigzagant, je pousse en zigzagant, un grand moment de solitude comme il y en toujours sur les courses. Finalement, je me dis que j’ai le temps et je monte tranquillement pour être à peu près frais et lucide au départ de la dernière spéciale. Les deux compères se sont déjà engagés dans la pente quand j’arrive au start. “Une belle chicane, droite / gauche et une pente” qu’il dit le commissaire. Je m’élance, effectivement la rupture est impressionnante. Le seul endroit vraiment technique de la piste, par la suite c’est énormément de vitesse (plus de 50km/h au compteur) avec par moment un neurone qui joue des coudes et se fraye une place parmi les autres pour te susurrer au cortex … « Est-ce bien raisonnable ? Es-tu as jour de tes cotisations de mutuelle ? ». Mais il est vite submergé par les autres qui crient « Gaaaaaz, ouaaaaaiiiis, ça paaaasse !!! ». A la sortie de la forêt nous filons dans de grands champs, montons vers un calvaire avec une vue imprenable sur Saint Maurice et les alentours. Je prends 2 secondes pour regarder et admirer autour de moi pour ensuite replonger dans la pente avant d’entrer dans une zone boisée avec de nombreuses chicanes un peu usantes, pour finalement ressortir sur une partie de route en côte, puis nouveau plongeon avec virage à angle droit dans les gravillons (pour ceux qui apprécient de se rapper juste sur la dernière ) pour finir dans le parc. Je tends mon transpondeur à la table du chrono, une facturette avec mon classement provisoire et mon temps de course sort de la machine. C’est beau la technologie.

Le bus qui doit ramener notre chauffeur en haut du col du Ballon d’Alsace pour récupérer la voiture est là mais il n’est pas complet. Nous déposons nos montures dans le parking à vélo clos et surveillé et passons par la case repas (compris dans l’inscription, pomme de terre aux lardons, jambonneau fumé, fromage, éclair). Je crois qu’Alex a battu le record d’engouffrage d’éclair au chocolat, le David Coperfield de la pâtisserie ! Hop, disparu en quelques millisecondes ! Pas le temps de commencer une petite sieste réparatrice que le bus démarre, Alex embarque et on lui fait des « au revoir » chaleureux comme à un enfant qui part en colo pour la première fois… C’est émouvant. A peine le temps de s’allonger au soleil que la 307 arrive telle la DeLorean de Retour vers le Futur. Pas fumante, quoique ! mais avec une bonne odeur de garnitures de frein. Le record Strava de Sébastien Loeb a dû être pulvérisé.

On se change, on empile les vélos et bagages dans le coffre et notre vaisseau nous transporte à vive allure jusqu’au bercail.

On se dit qu’on a encore du boulot pour ce genre d’épreuves, mais comme nous sommes du genre têtus, nous reviendrons !

Alex : 159ème Scratch / 99ème senior

David : 190ème Scratch / 28ème master 40

JC : 161ème Scratch / 23ème master 40

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