Mountain of hell | 29 et 30 juin 2019 | Les Deux Alpes

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Pendant qu’une partie du club est allée batifoler sur les sentiers bucoliques de la pass’portes, quatre irréductibles (Benj, David, Jaco, jc) ont décidé de tâter du planter de bâtons aux deux alpes pour la 20ème édition de la Mountain of Hell.

C’est le genre d’anniversaire qui te reviens en mode boomerang et te rappelle que tu n’as plus 20 ans et encore moins la souplesse pour esquiver et éviter de te prendre tes 50 piges en pleine tronche.

[Mode ancien combattant activé] En 2002 un petit article dans une revue de presse spécialisée (qui a dit « Mode et Travaux »?) m’avait vendu du rêve. Cela parlait d’une épreuve bonne enfant et au doux nom de «Mountain of Hell», un format de course du même genre que celle organisée par Georges Edwards, le papa de la Megavalanche. J’avais déjà à mon actif 1 méga et demie (2000 et 2001) et l’idée de partir découvrir la Mountain of Hell ne m’effrayait pas.

M’étant fait voler ma monture courant 2001 (la veille de la finale de la Mega, d’où le 1 Mega et demi) j’avais un vtt tout neuf (intense uzzi sl). En 2003 donc, je m’alignais avec l’ Intense et 150 autres furieux et découvrais le bonheur de rouler sur une vraie piste damée.

L’épreuve a grandi, avec maintenant plus de 1000 pilotes, des crashs de plus en plus impressionnants, un glacier qui se réduit au fil des années, mais la Mountain of Hell reste une expérience hors du commun. J’ai longtemps enchaîné les deux courses puis j’ai peu a peu délaissé la Mega (j’ai du en faire 6) pour me concentrer sur celle qui présentait le plus de fun à mes yeux. Après 13 participations, je ne me lasse toujours pas. Ma femme, un peu plus…

C’est sous un soleil de plomb, que notre équipage prend la direction des Deux Alpes. Après une petit pause vers Grenoble pour prendre possession des clés de l’appartement, nous arrivons enfin à bon port jeudi en fin d’après-midi.

La Mountain of Hell sans Guillaume, Vivien, Body, Vévé, Justin n’aurait pas la même saveur. Qui plus est, Guillaume nous a fait miroiter une surprise pour la 20ème. On a hâte et les pronostics vont bon train : Crête à l’iroquoise ? Grosse moustache et tenue de plombier à la Marc Dorcel ? Barbe ?

Seul Benoît manque à l’appel ayant des problèmes de poignée (soucis mécanique n’ayant aucun rapport avec un visionnage consciencieux de l’œuvre cinématographique du réalisateur susnommé). L’année prochaine, on tentera de réunir tout le monde.

Vendredi, de bonne heure (trop tôt selon Benj)

Nous nous équipons et allons chercher nos plaques et notre superbe cadeau 20ème édition, l’occasion de se rendre compte que nous n’avons pas tous des têtes à casquette.

Le temps de saluer Guillaume, Body et Vévé, de découvrir la surprise capillaire de Guillaume ! Wow ! Ah oui ! C’est… Ah quand même ! Mais sinon… le résultat est…surprenant. À l’origine la coiffeuse devait reproduire à la tondeuse un superbe lézard et le résultat tient plus du pangolin ou du poulet après rencontre fortuite avec un rouleau compresseur. On se tape de bonnes barres de rire.

Nous installons rapidement nos plaques et embarquons pour le glacier pour repérer le tracé de la finale, les arrêts intempestifs du télécabine sont nombreux et un gros problème d’alimentation en électricité vient considérablement retarder notre arrivée à 3200 mètres, nous voici enfin au milieu de skieurs, petite photo souvenir sur laquelle on appréciera le paysage magique.

Il est 10h30. La neige est bien molle et c’est in-rou-lable. Dans cette semoule neigeuse, nous repérons quelques traces un peu plus praticables. On s’attarde un peu sur le passage du pierrier et on se laisse glisser jusqu’à la station. Nous retrouvons Vivien, Justin et celui dont j’ai oublié le prénom (désolé) en centre-ville. Cette année Vivien a un vélo orienté enduro qui lui a gentiment été prêté, ce qui devrait permettre de grappiller des places et de valider la qualité des soudures des cadres Sunn. Nous remontons repérer le tracé des qualifs en meute.

Après quelques crevaisons et problèmes techniques habituels, nous finissons la journée sur les pistes permanentes de l’autre versant. De retour a notre base, il est temps de réviser les vélos et pour ma part de constater qu’un bon nombre de rayons ont décidés de quitter mes Crossmax SX… Coup de bol ! j’ai glissé des rayons de rechange dans ma caisse juste avant de partir.

C’est autour d’un petit barbecue que nous nous retrouvons en soirée, Justin arrivera à dompter le feu et bien que dubitatif, y fera chauffer les cordons bleus. Un peu de bière artisanale made in Annoux pour faire descendre tout ça et nous terminons la soirée tranquillement.

Samedi : jour de qualif !

Je pars dans la même vague que Justin, tous les deux mal placés en fond de grille derrière 150 pilotes.

Le départ est chaotique. Je prend très large le virage gauche et pousse le vélo dans le raidard. Ça commence déjà à bouchonner dans la première partie descendante et c’est avec peu de vitesse que j’arrive dans la longue montée, je met les bouchées doubles, quitte à me griller et passe pas mal de pilotes. La partie rapide, les dalles, je me retrouve dans le long devers bloqué derrière un fatbike, il me laissera passer dans les alpages, la partie très technique avant le petit pont se fera à pied. Il y a des pilotes arrêtés partout, impossible de rouler sans embrocher quelqu’un. Ça secoue énormément et je navigue dans un nuage de poussière. La route, le pédalage, l’arrivée.

Le temps de boire 5 litres d’eau, de manger quelques bricoles et je prend la direction du télésiège pour éviter la file d’attente.

De retour à l’appartement, je me remet à la mécanique, car d’autres rayons distraits se sont perdus en chemin.
Benj et David arrivent, mais toujours pas de Jaco… On commence à s’inquiéter, c’est bien plus tard qu’il arrivera forcé à l’abandon suite à une crevaison.

On récupère nos autocollants de ligne, la météo tourne à l’orage mais rien de suffisamment sérieux pour humidifier le parcours, on mangera encore de la poussière dimanche.

Dimanche, 3h40 (trop tôt selon Benj)

La sonnerie du téléphone de David vient nous rappeler que nous avons rendez-vous avec le glacier. Je me laisse glisser du 1er étage des lits superposés et atterri sur mes deux pieds, ce qui en soit est un exploit. Les affaires ont été soigneusement disposées la veille pour que tout se fasse sans trop se poser de question.

David est levé, Benjamin émerge, Jaco a tiré les rideaux de son espace de couchage et compte bien mettre à profit les heures supplémentaires dont il peut bénéficier grâce à son départ en fond de grille.

Protections, short, chaussures, petit déjeuner en mode automatique, une dernière vérification de la pression des pneus (mon petit rituel) et nous remontons la ruelle en direction du centre de la station. Nous naviguons dans l’obscurité et faisons quelques rencontre avec la faune alcoolisée, des fêtards sortent de la boîte de nuit locale en tentant de tenir un cap aléatoire.

Deux allemands (Italiens ? Roumains ? Creusois?) se mettent à hurler «WHEELIE ! WHEELIE !» à tue-tête lorsqu’ils nous voient passer sur nos VTT : Dans les brumes matinales de mon esprit, je me dis qu’ils veulent une interprétation a capella du célèbre générique de la série «Arnold et Willy», mais après deux couplets brillamment interprétés et quelques cannettes de bières dans la tronche plus tard je me ravise…

Benjamin, dans un débordement d’énergie et de folie, lève sa roue avant effectuant un wheeling de 36,2 cm ce qui déchaînera des sautillements et des hurlements de joies chez nos deux Teutons imbibés. Nous poursuivons notre chemin, les clameurs et les cris chargés d’alcool pures de Hansel et Gretel encourageant les concurrents qui se dirigent vers le jandry express continuent d’arriver à nos oreilles «Wheelie ! Wheelie ! Wheelie !».

Histoire de se réveiller une pause café est organisée au pied de l’office du tourisme, nous recroisons nos supporters bourrés, qui nous font de grands checks de remerciement, limite ils demandent un autographe pour le wheeling mémorable de Benj puis nous embarquons dans le télécabine.

Confinés dans le jandry , plongés dans l’obscurité le moment est irréel et poétique mais très vite la réalité revient au galop quand Benj lance le moulin à parole (trop tôt selon moi). Arrivés à 3200 mètres d’altitude, nous subissons la fameuse poussée d’Archiméde «tout corps plongé dans un télécabine l’emmenant à plus de 3000 mètres subit une poussée intestinale». Riche idée des organisateurs d’avoir mis à disposition un local chaud, avec de vastes sanitaires au sous sol, le seul hic : l’absence d’éclairage. Ma première visite se passe bien car mes compères ont pris leurs téléphones portables et que je bénéficie de leurs lueurs salvatrices, cela me permet de constater que la chasse ne marche pas, par défaut d’alimentation en eau, et qu’un troupeau de phacochères et passé par là… Le deuxième passage qui se fera seul dans le noir complet tiendra plus de l’odyssée d’Homère, avec perte d’orientation dans le dédale des sanitaires, perte de l’odorat, perte de toute dignité… Je tiens à m’excuser par avance si j’ai souillé le fauteuil du machiniste, le placard à balai de l’agent d’entretien, un autre concurrent timide qui n’a rien osé dire, ou une cabine en révision…

C’est l’esprit léger que nous embarquons pour 5 minutes de funiculaire (trop court selon Benj). Nous débarquons à 3400 mètres, le soleil commence à baigner de ses rayons les sommets qui nous entourent, nous filons déposer nos VTT sur nos lignes respectives, sauf Benj qui gruge d’une ligne ce qui n’échappe pas au regard du cerbère-commissaire de service qui le sermonne et le pourrit copieusement (trop con selon Benj).

Nous avons tous choisi le coté droit de la piste, le visionnage de la vidéo du crash nous donnera raison, ceux qui étaient à gauche et non-équipés de piolets et de pointes on fini en glissade sur la large plaque de glace du bas.

Après avoir jeté un œil inquiet sur la pente enneigée et compte-tenu du nombre de pilotes et de la configuration du goulot d’étranglement verglacé, j’annonce officiellement que je vais faire chauffer les freins et ne pas m’emballer pour arriver entier avec un VTT en état vers le restaurant situé à 3200 m.

Nous profitons du paysage et allons nous aventurer sur une petite passerelle qui s’avance 10 mètres au dessus du vide, le genre de truc qui me met en panique… L’attente va encore être longue (trop longue selon Benj).

Nous décidons d’aller nous mettre au chaud dans la gare du funiculaire, bien calé contre un bidon d’eau bouillante destiné au café de bienvenue. Bien plus tard Jaco arrive frais et disposition, c’est décidé, l’année prochaine, je dors jusqu’à 6 heures !

8h45 : Petit brief, les organisateurs nous informent que certaines parties du glacier sont très verglacées. Ayant un mauvais souvenir de l’édition 2010 qui était pour le coup ultra-verglacée, cette annonce me conforte dans l’idée de descendre à allure raisonnable et contrôlable.

L’hélico pointe le bout de ses pales, il amorce un virage, ont lèvent les bras, ça sent le départ imminent !

De nos lignes impossible d’entendre la corne de brume, seul le mouvement de foule nous indique qu’il faut se jeter dans la pente. Benj qui regardait le bel hélicoptère se fait un peu surprendre, le pilote qui est juste devant moi aussi, il reste planté… Ca commence bien, quelques mètres à pousser et on enfourche le VTT, la prise de vitesse est rapide et c’est déjà un beau boxon, je sors les aérofreins !

Objectif : garder le contrôle ! Vitesse maximum de 50 km/h (avec une meilleure ligne et donc un espace plus dégagé, j’avoisine les 90 km/h). Le regard loin, un pied sorti pour freiner, le but du jeu est d’éviter les pilotes qui se couchent juste devant ta roue, d’observer le comportement des VTT qui te devancent pour anticiper un mouvement de terrain, de repérer la neige molle ou verglacée, de contourner les empilements tout en croisant les doigts qu’il n’y ait pas un mec lancé à bloc qui te percute par derrière, de surveiller les ombres projetés au sol qui te renseignent sur ce qui arrive derrière toi, bref mettre en action tous les super-pouvoirs dont nous ne sommes pas dotés.

Dans ce beau méli-mélo j’arrive à repérer les maillots jaune fluo des copains (bien pratique), on se retrouve à quelques mètres les uns des autres, j’aperçois David avec une technique bien à lui mais qui à l’air de bien fonctionner.

Arrive le dernier mur avant le restaurant 3200, une nuée de pilotes est agglutinée, emmêlée, encastrée au niveau de la plaque verglacée que l’on distingue maintenant précisément, d’autre pilotes lancés à vive allure continuent en direction de la nébuleuse de VTT, certains on le réflexe de se coucher avant l’impact, d’autres y vont plein fer et volent littéralement… Un carnage !

Des vélos au sol, des pilotes couchés sur le côté, des bidons, des vélo brisés, je sais pourquoi je ne prend pas le Santa Cruz Hightower pour ce genre d’épreuve. La seule issue de secours est toute à droite, à petite vitesse… Peu à peu la glace laisse place à une mélasse blanche, je suis obligé de courir à coté du vtt sur le replat, la pente s’accentue à nouveau, il est possible de remonter en selle, la neige est balafrée de traces qui vont en tout sens, la consistance de la neige change tous les mètres, il est très difficile de garder un cap, l’idéal est de suivre un sillon et de ne pas essayer d’en sortir sous peine de finir en vrac.

Après trois plantages de roue avant avec OTB et quelques glissades, j’arrive à trouver un secteur ou la neige a un peu plus de portance, la moindre langue de terre est utilisée. Les maillots aux couleurs vives de Benjamin et David sont toujours dans mon champ de vision. Nous sortons enfin de cet enfer, arrive le 1er pédalage que j’absorbe facilement, je double pas mal de coureurs. Vient la partie rapide sous les pylônes, puis l’entrée dans la partie sinueuse et ludique, ça commence à bien bouchonner. Je me retrouve même à l’arrêt, des pilotes tentent de faire le forcing, ça manque de finir en
baston. A la gare intermédiaire du jandry, qui desserre le départ de la qualif, Benj est juste devant moi dans le coup de cul, pris dans les embouteillages il choisit une trace différente de la mienne, une quinzaine de pilotes s’intercalent entre nous et je le perds de vue.

J’arrive dans la partie pierrier que nous avions repéré la veille, beaucoup de pilotes sont à pieds et je n’ai pas trop le choix. Je décide d’enlever mon masque (mon Dieu mais c’est Fantomas !) , ce qui s’avérera une mauvaise idée dans les chemins 4×4 qui suivent. Après avoir mangé trois bols de poussière, j’attaque LA montée de la course, essoufflé je n’arrive pas à emmener mon gros vélo, je pousse jusqu’à inversement de la pente. Je double un pilote dans la partie technique puis m’élance sur le dernier chemin 4×4 dans un nuage de poussière qui ne laisse aucune visibilité, j’ai l’impression d’être Buffalo Bill lancé sur les traces du plus gros troupeau de bisons de tout les temps.

C’est la bouche complètement asséchée par la poussière et les yeux explosés que j’enquille la partie rapide dans les alpages. Je suis bouchonné et il n’y a pas de place pour doubler, le frein arrière est mis a rude épreuve et commence à pousser des hurlements à chaque sollicitations, afin de l’économiser en prévision du GR je décide de freiner principalement de l’avant, je me dit qu’un disque de 400 mm serait bienvenue. Il y a toujours une poussière de fou et il est difficile de savoir sur quoi on pose les roues.

Enfin l’arrivée sur la station ! Un coup de jet d’eau dans la tronche, une relance, un saut par dessus une voiture, quelques escaliers et c’est parti pour le GR. c’est le gros embouteillage. Je prends mon ticket pour commencer la descente du GR, on appelle mon numéro, premier virage ! pied à terre et ainsi de suite jusqu’en bas, des pilotes descendent du VTT à la moindre marche alors qu’en faisant l’inter ou en élargissant ça passe facilement. On bifurque sur la Venosc dans un bon flow tranquille jusqu’à l’arrivée.

Jaco arrive juste après moi. Tout le monde est entier et heureux de son run et ce n’est pas un détail quand on considère le fort potentiel accidentogène de cette course.

Rendez-vous l’année prochaine !

David : scratch 300eme 37eme master2
Benj : scratch 388eme 145eme senior
JC scratch 420 eme 16eme master3
Jaco : scratch 427 eme 17eme master3

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