Enduro de Giro | Giromagny (88) | 1er septembre 2019

Facebooktwitterredditpinterestlinkedintumblrmail

Dans ce magnifique compte rendu, vous trouverez : De l’aventure, de la bonne rigolade, de la sueur, des bleus, de la roulade, de la tarte flambée, des crampes, de la fatigue, de la persévérance, des chronos minables, du dénivelé positif, des rochers perfides et vicieux, des montées infernales interminables, du matelas pneumatique king size, de la pompe de camping XXXL, du Morvandiau en détresse, du levier de frein raccourci à la hache, des refus d’obstacle, des gaufres au chocolat, du guidon de guingois. Mais vous ne trouverez pas de podium, ni de grip, ni d’esprit de compétition, ni d’énergie débordante sur les spéciales.

Voilà j’ai suffisamment attisé votre curiosité et vous êtes tout émoustillé à l’idée de lire ce fabuleux récit d’aventure, que dis-je, cette odyssée !

Pendant que Pénélope fait du macramé à la maison les trois Ulysse que nous sommes ont décidé d’user leurs sandales dans les pentes des mystérieux reliefs vosgiens . Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage confortablement installé dans le VW flambant neuf de Jaco. Ca sent bon le neuf !

A peine installé, Benj pense déjà à remplir l’habitacle de miettes en déballant son quatre heures sous le regard inquiet de Jaco (il est 14h30). On essaye de faire au plus propre en engloutissant d’une seule traite les gougères. Quelques minutes après, il est l’heure de la sieste pour Benj, suivit d’un nouvel en-cas arrosé copieusement d’Oasis puis d’une nouvelle sieste et ainsi de suite. Heureusement que le voyage ne durait pas 8 heures, sinon il aurait bouffé le rembourrage des sièges et nous n’aurions pas pu l’extirper de l’habitacle.

Jaco nous fait une visite guidée des petits villages traversés : Là, c’est ou nous avons gonflé le pneu percé du T5 de David l’année dernière, là pour gonfler son matelas pneumatique…

19 850 calories plus tard, nous arrivons à Giromagny, les têtes d’affiche s’entraînent sur le pump track pour la petite compétition de début de soirée. Nous décidons d’aller planter la tente familiale Queshua 2 secondes en haut du Ballon d’Alsace, qui sera le point de départ de la course. Le petit parking habituel est rempli de troncs fraîchement coupés, c’est très poussiéreux. Nous jetons la tente « 2 secondes » et 30 minutes plus tard savourons la victoire de l’homme sur la tente en 100% polyester – 55% polyuréthane thermoplastique – 35% polyester – 5% fibre de verre – 5% aluminium. Nous ne parlerons pas du tapis de sol 100% Polyéthylène que nous avons lâchement laissé plié en guise de paillasson. Bref c’est beau, ça tient debout et le tout est solidement arrimé aux grumes qui nous entourent. L’orage peut venir !

Jaco exhibe fièrement sa grosse pompe qui semble directement venue du Télé-Achat : « Mais regardez plutôt, Benjamin, je vais non seulement gonfler ce monstrueux matelas king size en 5 secondes, mais également faire travailler tous les muscles huilés de mon corps en pompant. Tout cela en émettant un sifflement (pas moi la pompe) digne d’un kazoo géant pour attirer les regards des campeurs environnant sur cette merveille de la technologie qui a nécessité des années de développement. Son prix extrêmement attractif devrait vous laisser comme deux ronds de flan, comme disent les djeunz, 199,99 euros payable en 6 fois avec frais exorbitants sous réserve d’acceptation de votre dossier. Vu à la TV, plébiscité par Danielle Gilbert, testé en milieu extra orbitale par Thomas Pesquet, trois étoiles au guide Michelin, refait revenir l’être aimé, un must have».

Le campement est installé, nous redescendons dans la vallée pour déguster une tarte flambée (paraît que quelqu’un en a mangé deux… ne me demandez pas qui !) accompagnée d’une petite mousse. Sur la piste de pump track, l’ambiance monte : Les riders font une battle de figures, puis vient l’heure de s’affronter en version dual pump track : La bataille fait rage, Eliot Baud, Thomas Lapeyrie, Sabrina Jonnier affrontent des vttistes lambda de tous âges, l’ambiance est à la rigolade et les accrochages sont fréquents. La nuit commence à tomber, nous remontons à notre camp de base avant la finale.

Réveil en sursaut au son de l’orage en pleine nuit. Bourrasques, averses. Quelques minutes plus tard tout redevient calme, je me rendors.

Nous émergeons de nos duvets à 6 heures. Petit déjeuner, retrait des plaques et des transpondeurs. Pliage de la tente . Nous sommes prêts pour attaquer la journée.

La première liaison nous emmène rapidement jusqu’à une auberge pour un copieux petit déjeuner, encore quelques coups de pédales et nous voici au départ de la première spéciale. Les premiers mètres se font dans un champ avec de grands virages et peu de dénivelé, les 100 premiers pilotes s’élancent, suivis des féminines sous des encouragements pleins de testostérone. Les premières sorties de pistes et dérapages nous donnent un indice : Ne pas s’emballer sur les premiers mètres : Herbes + léger devers + heure matinale = terrain glissant !

Après les top pilotes, c’est à nous ! Le départ peut être pris en groupe, Benj ouvre la route suivi de Jaco et je ferme la marche. Le problème du départ groupé, c’est le risque de faux rythme, nous nous suivons (trop) tranquillement et à la première montée, Benj bloque un peu (dès que ça monte un peu, il est à la ramasse, le jeune ! Heureusement, sinon on serait encore plus ridicules). Le terrain est très sec, fuyant. Déjà des pilotes klaxonnent pour nous passer, je me range trois fois sur le côté, j’arrive dans un passage pentu avec virage serré à droite, le VTT de Jaco et au milieu de la piste, et Jaco un peu plus bas essaye de s’extraire de ce mauvais pas, je pense pouvoir me faufiler à droite mais je perds l’avant, à mon tour je me retrouve au sol. Je remonte sur le VTT, la potence n’est plus alignée, une bonne poignée de secondes pour tout remettre en ligne et je repars (c’est couillon, l’arrivée était une cinquantaine de mètres plus loin !). Nous nous élançons sur la liaison qui nous ramène en haut du ballon d’Alsace, un large chemin que nous remontons à notre rythme.

Spéciale 2, j’ouvre suivi de Benj et Jaco , ma roue avant se bloque sur un rocher et je me couche, Benj arrive, je me remets en selle, à nouveau ma potence est de travers mais un peu moins que sur la première glissade, je vais faire avec. Non, finalement, c’est trop gênant, je m’arrête pour redresser tout ça , Benj me passe, je lui emboîte le pas, dans un pierrier je le vois partir en vrac et éviter une bonne grosse gamelle, il finit au sol mais de façon « douce ». Je lui lance un « Range-toi, je passe ! ». Mort de rire, il me répond « Attends, je remonte ! »

Ce qu’il fait tranquillement… l’enfoiré ! On en rigole bien une fois la ligne passée. S’ensuit une liaison bien usante qui n’en finit pas mais qui passe sur le vélo.

Spéciale 3, le terrain est toujours aussi fuyant. J’ai vraiment du mal à trouver de bonnes sensations et je me traîne. Je ne sais plus si c’est sur cette spéciale que Jaco décide de faire du tuning en réduisant son levier de frein de moitié.

Liaison, passage par le ravitaillement avec « option gaufres », nous faisons l’impasse. Poussage jusqu’au départ de la spé 4 qui s’annonce plus engagée : de la pente, de gros rochers, les cuisses commencent à être douloureuses, énorme coup de pas bien, je fais un gros blocage sur un passage, que je descends à pied alors qu’il n’y avait rien de particulier.

Arrivé en bas, l’envie de ne pas finir l’enduro de Giro est présente, on se donne le temps de souffler et de remobiliser les troupes pour la dernière liaison. Allez, on va au bout !

Nous remontons par le même chemin. Bien usés, on s’élance pour la dernière. Ca sera la seule spéciale ou je retrouve un brin de sensation et ou je me fais plaisir.

Voilà, l’enduro de Giro est bouclé, le retour jusqu’au point d’arrivée dans Giromagny se fait tranquillement par les ruelles. Au village-coureurs, nous confions les transpondeurs à Pauline, qui édite un document avec les temps et classement…

Hum, ce n ‘est pas glorieux ! Nous extirpons de nos shorts le ticket-repas gorgé de sueur pour un plateau vite englouti. Jaco remonte par le bus navette pour récupérer le véhicule qui attend en haut du ballon d’Alsace.

Je suis globalement moins usé que les années précédentes, mais les chronos sont catastrophiques… Pas dedans, fausse bonne idée de partir groupé… On change de stratégie pour l’année prochaine !

  • Jaco scratch 215ème
  • Benj scratch 215ème
  • Jc scratch 226ème

Démarrez une conversation

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
25 + 25 =