Rallye des 4 puys – épisode 16 | 7 et 8 mars 2020 | Guéret (23)

Facebooktwitterredditpinterestlinkedintumblrmail

Le fuselage jaune poussin rutilant d’Air Force One pointe au bout de la piste internationale de Corbigny, à son bord « El Presidente » et sa progéniture. Le pilote chevronné Dom pousse la poignée des gaz et les voilà propulsés à vive allure dans le sillage du Transporter de David, direction les Monts de Guéret. 

Je prends la tête des opérations et du  cortège présidentiel en choisissant un circuit sécurisé que j’ai concocté avec Steven Seagal,  après avoir visionné l’intégralité de « Secrets d’histoire ».

Première étape : Bourbon. Sur votre droite, le château des Sires de Bourbon l’Archambault. Au 13ème siècle Jean Legrand dit « le Petit » se morfond dans sa campagne Bourbonnaise, depuis que la Huguette dite « la baraque à frites » est parti avec le Geoffroy.

Il demande à son poto d’enfance Jean Lepetit, dit « le Grand », surnommé aussi « Jeannot » ou encore « Jojo », de lui construire un beau château fort sur l’éperon rocheux qui surplombe le petit Casino. « Ca sera plus pratique pour se faire livrer en cas de siège par les Anglais» qu’il se dit.

En plus la situation du château sera idéale car a proximité de l’autoroute, ce qui n’est pas négligeable pour accéder facilement à la plage et se faire bronzer le noble séant. Attention toutefois de prendre quelques précautions avant de s’exposer en armure aux embruns marins : Frameto indice de protection 15 fortement recommandé.

Bref, le château fort est toujours là, le petit Casino aussi et l’APRR prospère. 

Quelques dizaines de kilomètres plus loin, surgit des bois le château de la Chaussière (17ème siècle) et son style mêlant néo-gothique, néo-renaissance et Néo de matrix. Là c’est un peu la même limonade, Jeanjean De villepieux veut en mettre plein les mirettes à la belle Hortense et au lieu de simplement lui demander son 06, il décide de construire un château pour épater sa belle, le temps de construire tout ça avec sa pelle et son seau Jeanjean a pris 60 ans dans la tronche et Hortense est devenu aussi ratatinée qu’un vieux pruneau d’Agen, fin du flirt !

Se dresse ensuite le château de la Salle (14ème siècle) qui est très propre, puis le château de Bagnard qui ne casse pas deux pattes à un bagnard. N’oubliez pas le guide.

Tout ce circuit à haute teneur historique s’effectue sous un ciel gris qui laisse passer quelques rayons de soleil.
Selon Elizabeth Tessier, qui a pu communiquer avec Alain Gillot Petré,  décédé depuis 1999 mais qui faisait des prévisions météo à longues échéances, le week-end sera clément avec un risque d’averse le dimanche après-midi,  et selon Mathieu et la météo de la Française Des Jeux, 100 % des précipitations seront à tendance humide, qu’on se le dise !

Nous nous inscrivîmes 10 mais seuls 7 furent du voyage, la maladie et les obligations professionnelles ayant eu raison de notre délégation. A quand une coupe du club le plus éclopé, que nous aurions remporté haut la main (bandée, plâtrée, brochée) ?

Les rescapés participants à l’aventure sont : Dom, David « El Presidente »,Théo, David (avec une luxation de l’épaule et qui suivra nos aventures en mode traileur), Mathieu, Benoît (pour qui c’est le baptême du feu) et moi.

Et oui, c’est une première ! Vous pouvez vous frotter les yeux, vous pincer, vous tirer un poil du SIF, vous ne rêvez pas ! El Presidente du club Vélo Morvan Nature, fraîchement élu,  vient rouler avec nous  à Guéret, du jamais vu ! Il va fouler et embrasser la terre bénite creusoise, autrement dit se gameler.

La suite présidentielle nous attend à l’hôtel Première classe, un petit apéro protocolaire est organisé avec saucisson très très très sec (classé en arme de catégorie D) et boissons rafraîchissantes (classé en catégorie produits hautement inflammables).

Théo s’inquiète : «  Y a-t-il des pizzas 4 fromages en Creuse ?  quand mange-t-on ? Où mange-t-on ? La Pataterie, ils font des pizzas ? Et si jamais il n’y a que 3 fromages sur les pizzas Creusoise ? c’est loin le centre-ville ? Comment ça à plus de 3 heures de marche ?!? mais c’est à seulement 2 km ?  “La notion de distance et de temps est différente ici”répondent les anciens. S’ensuivit un flot incessant de questions jusqu’à l’heure du repas.

Samedi matin : le parking ou se déroule l’accueil des participants est étonnement vide, l’organisateur Creuse Oxygène accuse le coup, le mauvais temps, le coronavirus,  peu d’inscrits pour cette édition.

Dernière vérifications techniques, ajustage des pressions dans les pneumatiques : Mathieu : 700 grammes c’est un peu léger si tu veux conserver tes jantes pour les 2 jours, Théo : 1,8 kg  pour un minime light ça doit pas être confortable ! Tout le monde est gonflé aux petits oignons, on peut partir pour la reconnaissance.

Les circuits sont quasi-identiques aux années précédentes . La première spéciale qui reste la plus technique refroidit un peu Théo mais avec les conseils de David Le Chat et les encouragements, tout passe bien et notre minime ira au bout des deux jours. Difficile de se mettre dans le bain, surtout quand on voit passer des extra-terrestres qui survolent les obstacles à des vitesses impressionnantes. Mathieu se mettra une bonne tôle sur un passage technique mais pas de bobo.

 Petite nouveauté sur la spéciale 2, le passage d’un bloc de granite qui demande un peu de concentration. Avec Dom et Mat, on valide la bonne technique pour le passer et on apprend plus tard qu’un échappatoire sera ouverte pour la course. Une pluie fine tombe, le terrain va être glissant. Dom se couche délicatement dans les derniers virages de la spé2. Il est quasiment midi, nous revenons au point de départ pour le repas (pâtes à la bolognaise). La prochaine fois, je me demande si je ne vais pas faire l’impasse sur le repas : partir juste après avec l’estomac plein, ce n’est pas l’idéal pour faire des chronos.

Départ de la spé1 « Le Chiroux » : Mathieu s’élance juste avant moi, je le rattrape au chemin forestier, on se suit dans la dernière partie technique,  au saut du dernier gros rocher de granite, il perd l’avant et se couche devant ma roue me barrant le passage. 

Spé 2 « pierre la Grosle ». On change de tactique, il part derrière moi. Arrivé au fameux nouveau passage du bloc de granite, je n’ai pas de vitesse, scotché par le petit faux plat, la boue qui sèche devient amoureuse, je décide de prendre l’échappatoire que l’on n’a pas pu repérer, il me paraît bien long et j’en sors sans vitesse. La spéciale se termine sur un chemin rapide et détrempé ou j’apprécie mon gros garde boue flambant neuf, moche mais efficace, je peux rouler sans masque et garder les yeux ouverts, c’est quand même plus pratique …

Spé3 « les Cimes », parcours identique aux années précédentes. On a rien repéré. A mi-parcours j’entends David qui m’encourage à relancer. Plus loin, je cafouille un peu sur un chemin forestier ou se tient un signaleur mais qui ne signale rien, et surtout pas la direction à prendre.

Direction la spé 4 avec son  départ en côte, la trace est très courte (500m). J’en profite pour repérer rapidement à pied les passages techniques et trouver la trace idéale, je retourne au départ, je vois surgir Dom qui avait pris le départ de cette spéciale peu de temps avant.  Essoufflé, perdu, il demande où est l’arrivée ! Je ne comprends pas comment il a pu revenir au départ… J’en déduis qu’il y a un petit problème de matérialisation de l’arrivée ou un problème de balisage. Pas rassuré, je m’élance sur la spéciale. Je prends exactement les trajectoires prévues. Sur la partie basse, c’est un peu plus aléatoire, je me dis que si Dom est passé à côté d’un balisage, je peux faire pareil, donc je surveille les balises et suis un peu sur les freins pour ne rien rater. En effet, l’arrivée n’est pas matérialisée et c’est un pilote qui me dit que la spé est terminée ! Dans sa lancée, Dom avait franchi l’arrivée et était remonté jusqu’au départ de la spéciale (une sacrée portion de pédalage !) 

Tout le monde se retrouve à l’arrivée, El Presidente a communié avec le sol, il a un peu mal aux côtes.  Le reste de l’équipe semble entier et content de sa journée. Une moto pompe a été installée par l’organisation pour assurer le lavage des vélos mais semble ne pas fonctionner correctement.Pour gagner du temps, on décide de laver les VTT à la station de lavage du centre-ville. Retour à l’hôtel pour une bonne douche et direction l’IRFTS pour le repas et les résultats de la journée. Je suis 5ème de ma catégorie, il va falloir  mettre les bouchées doubles sur les spéciales du dimanche…

Plateau-repas : Entrée, poulet-patates, desserts, c’est correct, on a connu plus sympa lors des premières éditions avec de la bonne viande limousine au chaud dans des corps de fermes, des repas au restaurant, on perd un peu le caractère authentique.

On ne traîne pas et la soirée ne s’éternise pas, une bonne nuit de sommeil pour être d’attaque dimanche matin.

Le départ de la liaison se fait à l’IRFTS, les pilotes sont pointés et partent par groupe de 5 dans l’ordre inverse du classement de la première journée.

Théo et « El presidente » partent  les premiers et le reste du groupe VMN s’élance de façon éparpillée. J’ai juste le temps d’arriver sur la spé5 pour apercevoir la veste et le casque jaune fluo de Dom prendre le départ. Un bon pédalage en montée pour commencer, puis ça plonge à gauche, je me remémore mon passage l’année dernière : il faut rester à droite dans la pente et couper la trajectoire pour éviter de se tanker dans une espèce d’appui qui t’envoie dans un arbuste, je passe proprement. 

A nouveau un peu de pédalage, de la végétation qui cache la trace, je rentre dans la partie technique en sous bois, tout va bien, j’ai souvenir d’une longue partie de pédalage sur un chemin assez large et rectiligne, sauf qu’une colonie de chicanes s’est installée, 1,2,3,4,5,… je ne les compte plus ! Je relance, je prends de la vitesse, je freine, ce n’est pas très fun. Je finis à fond sur un chemin rapide avec quelques zones bien boueuses qui me freine brutalement, un virage à l’équerre, le concurrent devant moi me laisse passer et 200 mètres plus loin c’est l’arrivée. 

Dernière liaison, j’aperçois un maillot Team Dore Evasion, club organisateur de l’Enduro Forez une manifestation enduro non chronométré à laquelle nous sommes inscrits. Épreuve qui se veut conviviale et qui veut le rester, d’où un nombre d’inscrits limités à 100 et l’absence de chrono. Je l’aborde et on fait la causette  pendant une bonne moitié du chemin. 

La liaison nous emmène jusqu’à l’antenne relais du Maupuy, au départ des pistes de DH. La file d’attente est longue et un vent glacial souffle, c’est bien refroidi que je prends le départ.

Le tracé comporte quelques nouveautés, j’ai un peu de mal à visualiser les trajectoires. Je déroule tranquille. Une petite passerelle flambant neuve a été installée sur le bas de la piste : à sa vue, j’ai un petit réflexe de survie  qui me fait hésiter, rapport à ma satellisation d’avril 2019. Pourtant c’est une passerelle ou il n’y a aucune difficulté, pas de saut, rien ! Mais la vue des planches toutes neuves sans visibilité de ce qui pouvait se cacher derrière m’a fait penser à un saut plus engagé et j’avoue, j’ai freiné… Il va falloir que je consulte pour lever ce frein.  Mdr ! L’arrivée est jugée à la rupture qui atterrit sur le chemin, pas de pédalage final de la mort cette année.

Dernière liaison pour retrouver les morvandiaux à l’IRFTS,  tout le monde est entier. Lavage du VTT, tenue sèche, le bonheur.

Il est pas loin de midi, le repas est servi à 12h30. Le grand chef de Creuse Oxygène annonce une remise des prix à 14h30, nous décidons de ne pas attendre.

Alors que nous sommes en route, nous apprendrons que VMN remporte une coupe pour être un des clubs les plus représentés et que je finis sur la 3ème marche du podium master 50 !

El Presidente peut être satisfait pour sa première venue en terre inconnue !   

Résultats :

  • JC – scratch 70ème – 3ème M50
  • Dom- scratch 110ème – 9ème VTTAE
  • Mat – scratch 117ème – 24ème junior
  • Benoît – scratch 143ème – 47ème senior
  • David – scratch 146ème – 15 ème M40
  • Théo – scratch 148ème – 8ème minime

Démarrez une conversation

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
9 + 21 =